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Les valets de chambre du Roi et le duc de Saint-Simon

Mathieu Da Vinha

Da Vinha, Mathieu. Les valets de chambre du Roi et le duc de Saint-Simon, Cahiers Saint Simon, n° 31, 2003. Iconographie, Versaillaise des Mémoires, p. 38-49.

Extrait de l’article

Louis de Rouvroy, deuxième duc de Saint-Simon, pair de France, semble avoir eu une aversion pour l’ensemble du « petit » personnel domestique royal (souvent d’origine « ignoble », c’est-à-dire roturière) et pour les valets de chambre en particulier. Il ne comprit jamais comment ces officiers que nous avons qualifiés « de second rang » purent accéder à autant d’intimité avec Louis XIV. Il est vrai qu’ils connurent alors une ascension inégalée. Ils devinrent des personnages incontournables de la Cour, participant à ses grandes cérémonies. A travers quatre événements, nous nous proposons de confronter les Mémoires de Saint-Simon à la réalité d’autres témoignages contemporains. Précisons dès à présent que nous ne nous attacherons qu’aux Premiers valets de chambre, seuls officiers de ce corps évoqués par l’auteur, même s’il a cité ponctuellement quelques valets ordinaires.

Avant de nous pencher sur le portrait des principaux valets de chambre, évoquons l’historique de cette charge. Celle-ci remonte très loin puisque nous trouvons déjà mention de ce titre sous Philippe III le Hardi (valleti de camera). Au cours des époques, on parla successivement de valet de chambre, de chambellan puis de gentilhomme de la chambre. La fonction — toujours occupée par des hommes nobles — consistait essentiellement à habiller et à déshabiller le Roi. Dès lors que François Ier autorisa les roturiers à servir dans cette charge, le terme de « gentilshommes de la chambre » fut exclusivement réservé aux nobles de race qui n’acceptèrent plus de servir avec des « ignobles ». Le terme de valet (qui n’avait pas été oublié) fut repris et vint à mépris. Parallèlement, le Valois institua l’office de Premier gentilhomme, lequel avait la direction de la Chambre. Unique en 1544, cette charge se multiplia jusque sous Louis XIII pour atteindre finalement quatre titulaires, chacun servant une année.

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