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Le petit groupe et le grand cercle de Madame de Pompadour à la Cour

John Rogister

Rogister, John. Le petit groupe et le grand cercle de Madame de Pompadour à la Cour, Versalia. Revue de la Société des Amis de Versailles, n° 7, 2004, p. 168-178.

Extrait de l’article

Donnant conseil en 1743 au jeune Stainville, futur duc de Choiseul, la duchesse douairière d’Ai-guillon lui avait décrit la Cour comme étant « le pays du vent », où les courtisans appartenaient tous « à la race de Jupiter », tellement leurs prétentions étaient élevées. Selon la duchesse, la manie de proclamer sa naissance avait été inspirée par l’expérience : plus on pouvait se faire grand, moins on courait le risque d’être « écrasé ».

Quoique Madame de Pompadour ait été le produit le plus extraordinaire de la mobilité sociale engendrée par le système des financiers-traitants de l’Ancien Régime, sa carrière fulgurante à la Cour de Louis XV fut toujours menacée par le risque d’être « écrasée ». Comment cette femme de la bourgeoisie a-t-elle réussi à se maintenir au premier rang à Versailles pendant près de vingt ans? Quels ont été les réseaux sur lesquels elle s’appuya pour conserver la position exceptionnelle qui fut la sienne ? En apportant quelques réponses sommaires à ces questions, nous aurons l’occasion d’approfondir ce « système de la Cour » qu’Emmanuel Le Roy Ladurie a si bien décrit pour le règne de Louis XIV. En même temps, l’étude des réseaux de Madame de Pompadour nous permettra de mieux définir ce que nous appellerons le « petit groupe » et le « grand cercle » qui se sont constitués autour de la plus célèbre des maîtresses de Louis XV. Par « petit groupe » on entend les intimes, souvent la cheville ouvrière, le noyau actif d’une faction. Par « grand cercle » on comprend les clans familiaux - déjà bien implantés à la Cour -, la parentèle et la clientèle. On peut passer de l’un à l’autre, et le premier donne du mouvement au second dans la mécanique saint-simonienne de la Cour.

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