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Ego, je. L’affirmation de soi par les historiens français (XIVe-XVe s.)

Bernard Guenée

Guenée, Bernard, "Ego, je. L’affirmation de soi par les historiens français (XIVe-XVe s.)", dans Comptes-rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 149e année, N. 2, 2005. pp. 597-611.

Extrait de l’article

La modestie est la première vertu de l’historien, surtout de l’historien monastique. Ainsi, au monastère de Fleury, plusieurs des grands historiens qui ont écrit dans la première moitié du XIe siècle n’ont pas voulu se nommer dans leur œuvre. Seule, leur mémoire, longtemps entretenue au monastère, nous permet aujourd’hui de savoir que l’un s’appelait Helgaud, et l’autre André.
André de Fleury n’a pas mis de préface en tête de sa Vie de Gauzlin, abbé de Fleury. Helgaud en a mis une en tête de son Précis de la vie de Robert le Pieux. Mais ni l’un ni l’autre n’ont jugé bon d’offrir leur livre à quelque puissant. L’usage d’une dédicace, et donc d’une lettre de dédicace, est alors pourtant fréquent. Il n’entraîne pas forcément l’auteur à donner son nom. L’historien venu de Liège qui, au début du XIIe siècle, a dédicacé sa Chronique et histoire des ducs et princes de Pologne à l’archevêque et aux quatre évêques de Pologne nommément désignés ne parle de lui-même que comme « l’auteur du présent ouvrage » (subsequentis scriptor opusculï). Ce qui lui vaut d’être connu, aujourd’hui encore, comme Gallus anonymus.

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