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Le tricentenaire de la mort de Louis XIV : un bilan historiographique fécond ? (I)

Éric Suire

SUIRE Éric, « Le tricentenaire de la mort de Louis XIV : un bilan historiographique fécond ? (I) », Dix-septième siècle, 2016/3 (n° 272), p. 501-508.

Extrait de l’article

« On n’exagère pas outre mesure en disant que Louis XIV est resté roi de France bien au-delà de 1715 et qu’il le reste, en quelque sorte, jusqu’à nos jours. » C’est par ces mots provocateurs que le professeur Martin Wrede  convia les membres de l’Association des historiens modernistes de l’université française à la Journée d’étude organisée à Grenoble, le 13 novembre 2015, pour les trois cents ans de la mort du monarque. Les émissions télévisées ou radiophoniques consacrées en septembre 2015 au trépas le plus édifiant des fastes de la royauté d’Ancien Régime semblent accréditer cette opinion. Et il n’est peut-être pas insignifiant que « Louise » soit devenu, nous l’avons appris cette même année, le prénom féminin le plus communément donné aux petites Françaises.

Bien que l’année passée ait fait coïncider plusieurs anniversaires à la symbolique évocatrice pour les dix-septiémistes, deux d’entre eux invitaient à une confrontation mémorielle plus spectaculaire que les autres. Le tricentenaire de la mort du souverain décédé à Versailles, au matin du 1er septembre 1715, fut précédé par l’évocation beaucoup plus discrète du quatrième centenaire de la naissance de son surintendant des finances Nicolas Fouquet, venu au monde à Paris le 26 janvier 1615. Disons-le d’emblée, malgré le remarquable Procès Fouquet publié en 2013 par Simone Bertière, objet d’un compte-rendu dans le n° 269 de XVIIe siècle, le ministre disgracié n’a pas eu droit à une revanche posthume, alors que l’offre de titres dédiés au roi-soleil, à son entourage et à son règne, connaissait entre 2014 et 2015 un gonflement notable. Peut-on pour autant parler de renouvellement de l’historiographie francophone ?

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