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Les Rouges, les noirs et les larmes d’un Roi : autour de l’enregistrement de l’édit de Nemours, dans l’historiographie et l’histoire
Marco Penzi
PENZI Marco, « Les Rouges, les noirs et les larmes d’un Roi : autour de l’enregistrement de l’édit de Nemours, dans l’historiographie et l’histoire », Dix-septième siècle, 2015/1 (n° 266), p. 119-137.
Extrait de l’article
L’objet de cet article est l’enregistrement de l’édit de Nemours du 18 juillet 1585 et la manière dont il a été présenté dans l’historiographie contemporaine, en particulier par les « Politiques ». Après le soulèvement armé de la Ligue Catholique (1585), l’édit était la conclusion des longues et exténuantes négociations de paix entre les Roi Henri III, les princes Lorrains et leurs alliés. Cet édit qui annulait et cassait les résolutions prises avec la Paix de Bergerac (1577), allait plonger encore une fois la France dans la guerre civile, la huitième guerre de religion, la plus longue, qui allait durer treize ans. Mais au même moment, il semblait constituer une nouvelle alliance, solide, entre les princes catholiques, le roi, et le nouvel héritier du royaume, Charles, cardinal de Bourbon.
L’édit, qui chassait la religion protestante et ses adeptes de France, prévoyait aussi de méconnaître les droits de Henri de Navarre à la couronne, en faveur de son oncle le cardinal.
L’enregistrement de l’édit soulève par contre des questions d’ordre historiographique : la première étant : Henri III avait-il tenu un lit de justice, comme d’autres organisés par le roi, pour l’enregistrement, afin d’éviter toute confrontation et conflit avec son Parlement ? La deuxième question concerne l’historiographie des Guerres de Religion, telle qu’elle a été transmise par les historiens et hommes contemporains qui l’ont écrite, soit en étant à la solde de Henri IV comme historiographes de cour, soit en étant ou ayant été du parti des Politiques, pendant la dernière phase des luttes civiles et religieuses.
