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Les singes de La Fontaine

Michèle Rosellini

Michèle Rosellini, "Les singes de La Fontaine", Littératures, 66, 2012, 197-207.

Résumé de l’article

Parmi les personnages du bestiaire des Fables, auxquels La Fontaine assigne un caractère stable, le singe se présente comme un animal ambivalent. Imitateur de l’homme, il en est le double dégradé, et, loin de s’élever, signale la stupidité, la cruauté, la facticité de l’imitation aveugle. Mais il a sur les animaux qu’il côtoie l’avantage de l’esprit et sa malignité se révèle habileté supérieure. Sur la voie du jeu et du détachement il peut même incarner une forme de sagesse et – retournement imprévu – l’enseigner aux hommes. La Fontaine n’est pas un précurseur de Darwin, il ne croit pas à la continuité des animaux à l’homme : la raison établit entre eux une frontière décisive. Si le singe exerce sur lui quelque fascination, c’est sans doute parce que, sans territoire fixe, il est capable de déterritorialiser ses aptitudes (ainsi la malignité…), offrant par anticipation l’image étrangement attrayante du « devenir-animal » selon Deleuze.

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