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Les salons d’autrefois : XVIIe ou XVIIIe siècle ?

Antoine Lilti

Antoine Lilti, "Les salons d’autrefois : XVIIe ou XVIIIe siècle ?", Cahiers du Centre de Recherches Historiques, n° 28-29 (2002).

Extrait de l’article

Les salons sont toujours ceux du passé. Au XIXe comme au XXe siècle, parler des salons c’est regretter les « salons d’autrefois », titre d’un ouvrage de la comtesse de Bassanville. Un parfum de nostalgie leur est attaché, le souvenir d’un passé qui n’est plus et qu’on regrette. « Les salons sont morts » affirme, avec bien d’autres, Pierre Larousse, alors qu’ils ont encore de beaux jours devant eux. Quant à Louis Enault, le préfacier de la comtesse de Bassanville, il ne peut retenir sa verve :

"Les Salons d’Autrefois ! – ces deux mots ne vous semblent-ils pas tous remplis de mélancolie, n’évoquent-ils point devant vous les gracieuses images d’un passé à jamais évanoui ? La magie du souvenir ne fait-elle point passer et repasser devant vous, les fleurs dans les cheveux, l’éclair aux yeux, le sourire aux lèvres, ces belles créatures, les femmes de l’ancienne France, produits exquis d’une civilisation raffinée, que l’Europe admirait et nous enviait ?"

Un discours sur les salons appelle presque nécessairement un discours sur le passé mais l’appelle assez librement, tant est grande la plasticité des images et des usages des salons d’Ancien Régime. Certains y voient des lieux égalitaires, d’autres des annexes de la cour, certains les disent littéraires, d’autres mondains et futiles, certains les pensent critiques et philosophiques, d’autres encore conformistes ou libertins. La diversité des représentations du salon se prête à des évocations très diverses du passé.

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