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Les historiens et la crise des archives

Vincent Duclert

Collectif, « Les historiens et la crise des archives », Revue d’histoire moderne et contemporaine 2001/5, no 48-4bis, p. 16-43.

Extrait de l’article

Lorsqu’en septembre 1999, la revue Genèses a décidé de publier l’intégralité du rapport de Philippe Bélaval sur la situation présente et les perspectives d’avenir des Archives nationales, nous avons choisi, dans l’introduction précédant le document, d’indiquer l’état des relations entre « les historiens et les archives ».

À l’époque, la crise des archives en France était très sérieuse, mais la nomination de Philippe Bélaval, et les projets qui étaient les siens, comme la volonté de réforme du gouvernement, permettaient d’envisager une sortie de crise. Celle-ci aurait fondé une modernisation des institutions publiques en charge des archives, une redéfinition de la loi du 3 janvier 1979, une transformation des pratiques archivistiques, et l’invention de nouvelles relations entre conservateurs, chercheurs et usagers non scientifiques. Les liens que le nouveau directeur avait désiré nouer avec les historiens plaçaient ces derniers dans un rapport inédit avec les archives, puisqu’ils devenaient associés à un projet ambitieux de refondation d’un instrument essentiel de la recherche en histoire et en sciences sociales. Aussi le départ de Philippe Bélaval de la direction des Archives de France, annoncé le 20 décembre 2000, signifia-t-il la profondeur de la crise puisque l’homme qui s’était donné les moyens intellectuels de réussir choisissait de rejoindre son corps d’origine, le Conseil d’État. Indéniablement, d’autres moyens, matériels et politiques, lui avaient manqué.

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