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Les tablettes de cire médiévales

Elisabeth Lalou

Elisabeth Lalou. Les tablettes de cire médiévales, Bibliothèque de l’École des chartes, 1989, n° 1, pp. 123-140.

Extrait de l’article

L’homme a écrit sur des tablettes de cire depuis la plus haute Antiquité et ce même matériau a servi couramment de support d’écriture dans l’Europe occidentale jusqu’au XVIe siècle ; ensuite, son usage, jusqu’au XIXe siècle, n’est plus que résiduel. Pourtant il reste si peu de témoins de ces tablettes qu’elles ne sont connues que des spécialistes et elles sont considérées par eux plus comme des curiosités que comme les indices d’un usage de quelque importance. Les allusions aux tablettes dans les textes littéraires ou administratifs sont néanmoins innombrables et les représentations iconographiques ne manquent pas. Pour ne donner qu’un exemple, les Tables de la loi sont la plupart du temps représentées sous la forme de tablettes de cire très reconnaissables. Pour l’enlumineur médiéval, une « table » ou une tabula était de toute évidence une tablette de cire, même si ce mot de « tabula » avait plusieurs sens. A côté du parchemin puis du papier, la cire a, tout au long du Moyen Age, joué un rôle plus important qu’il n’y paraît. Je souhaite souligner ici l’importance de cet objet dans tous ses avatars, les diverses tablettes ne se présentant pas sous la même forme, essayer d’esquisser l’organisation du métier des « table tiers » qui les fabriquaient, enfin comprendre mieux comment elles étaient utilisées, depuis le cahier méprisé qui jouait le rôle de nos ardoises enfantines modernes jusqu’au carnet d’ivoire, d’argent ou d’or, luxueux bijou pendu à la ceinture des princes.

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