Accueil / Représentation et festivités / Cérémonies et représentation / Etudes modernes / Le mariage d’Henri IV et de Marie de Médicis vu (...)

Le mariage d’Henri IV et de Marie de Médicis vu par Clément VIII et ses agents

Maxime Cormier

Cormier, Maxime. « Le mariage d’Henri IV et de Marie de Médicis vu par Clément VIII et ses agents », Dix-septième siècle, vol. 256, no. 3, 2012, p. 533-543.

Extrait de l’article

À la fin de l’année 1600, Henri IV épouse en secondes noces la nièce du grand-duc de Toscane Marie de Médicis. Le mariage a lieu en deux temps. Il est d’abord célébré à Florence, le 5 octobre, en l’absence d’Henri IV, ce dernier ayant donné procuration au grand-duc pour épouser Marie à sa place. La nouvelle reine de France entame ensuite un long voyage jusqu’à Lyon où a lieu une nouvelle cérémonie, cette fois-ci en présence du roi. Le projet d’alliance entre la France et la Toscane, amorcé depuis plusieurs années, finit donc par connaître une fin heureuse.

En réalité, l’idée d’un remariage d’Henri IV avec Marie de Médicis a été pour la première fois évoquée en 1592, huit ans auparavant. Un Italien en est à l’origine : le cardinal évêque de Paris, Pierre de Gondi . Le roi était uni depuis le 18 août 1572 avec la fille d’Henri II et Catherine de Médicis, Marguerite de Valois. Vingt ans plus tard, le couple royal n’avait toujours aucune descendance, ce qui inquiétait fortement la cour. Pire encore, les deux époux n’avaient repris contact que depuis l’hiver 1590-1591, après une longue période de plus de cinq ans où leurs relations avaient été rompues . La question d’un héritier n’était donc plus du tout à l’ordre du jour. C’est lors d’un voyage de l’autre côté des Alpes que Pierre de Gondi discute avec le grand-duc de la possibilité de démarier le roi au profit de Marie de Médicis . Ferdinand se montre très intéressé et il n’est guère étonnant qu’il ait été, par la suite, l’un des principaux artisans de la dissolution des noces de 1572. Il envoie aussitôt un portrait de sa nièce en France, après avoir promis une dot d’un million d’écus d’or et avoir garanti qu’il mettrait tout en œuvre pour casser la première union du roi . Mais petit à petit le projet finit par tomber dans l’oubli. Henri IV est bien trop occupé à reconquérir son royaume et sa passion pour Gabrielle d’Estrées (depuis 1591) n’incite pas vraiment le monarque à songer à se remarier, du moins pas avec la princesse florentine. Ferdinand de Médicis finit même par chercher un autre prétendant pour sa nièce. Quelques années plus tard, en 1597, tout le monde redoute qu’Henri IV ne choisisse sa maîtresse comme nouvelle femme . Ce n’est pas envisageable pour la plupart des ministres qui considèrent que la France deviendrait la risée de l’Europe et que les conséquences seraient désastreuses . Il pouvait sembler que leur éventuelle descendance serait particulièrement contestée et que la stabilité du royaume ne serait pas assurée . L’idée d’une alliance matrimoniale avec la Toscane est donc de nouveau examinée.

Lire la suite (cairn.info)