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Place et importance du cérémonial dans la diplomatie européenne au temps de Saint-Simon

Achille Plaisant

Plaisant, Achille. Place et importance du cérémonial dans la diplomatie européenne au temps de Saint-Simon, Cahiers Saint Simon, n° 39, 2011. Cérémonial, étiquette et politesse chez le duc de Saint-Simon, p. 59-72.

Extrait de l’article

Dans une société qui se veut égalitaire comme la nôtre subsiste une hiérarchie qui repose plus ou moins sur l’argent et qui se traduit par des signes extérieurs de richesse. Dans la société d’ordres ouvertement inégalitaire et hiérarchique où vécut Saint-Simon, c’est le cérémonial qui définit ces signes extérieurs et reflète le rang des individus au-dedans des États. Au dehors il fixe et reflète le rang des États qui sont inégaux eux aussi en puissance, mais en principe tous également souverains. Tout manquement au cérémonial peut donc impliquer une atteinte à leur souveraineté et entraîner des conséquences importantes. Mais à quel point ? Prenant à la lettre le libellé de mon sujet, je vais m’ efforcer de mesurer la place occupée par le cérémonial dans la diplomatie, puis de rechercher si son importance réelle correspond à cette place.
La place du cérémonial peut s’apprécier à deux niveaux, celui des principes et celui de la pratique diplomatique. S’agissant des principes nous passerons en revue successivement la position des politiques et celle de la « doctrine ».

Les politiques, ce sont avant tout les souverains. Pour comprendre l’attitude de Louis XIV en la matière il faut se rappeler qu’à la naissance du vidame de Chartres le cérémonial royal avait moins d’un siècle, ayant été codifié pour la première fois par Henri III en 1578. Les guerres de religion avaient vite imposé d’autres priorités. Henri IV n’y avait guère prêté attention. Sa veuve et son fils ne furent guère plus soucieux du cérémonial. Richelieu entreprit, là comme ailleurs, de redresser la barre : « Je lui ai promis (à Votre Majesté) d’employer toute mon industrie et toute l’autorité qu’il lui plairait me donner pour [...] relever son nom dans les nations étrangères au point où il devait être ». La promesse fut accomplie par son successeur avec les traités de Westphalie et des Pyrénées. Mais Louis XIV voulut marquer à l’extérieur aussi le début de son règne personnel par un triple coup de cymbales.

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